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La folie et la fièvre

Dans cette petite salle mal éclairée à l’odeur âcre, on tenait le bar comme on tient le haut du pavé. Avec assurance et innocence. On regardait tout le monde droit dans les yeux et on dansait sur le comptoir, ou sur la petite scène au fond.

L’alcool coulait jusqu’à ce qu’on ne puisse plus en avaler. C’était l’abondance. On servait des bières comme si la complexité du monde se dénouait, comme si, là, les choses, le monde devenait plus évident, dans le flou de l’alcool et les pas esquissés sur de la musique sud-américaine.

En fait, c’était un vortex. Tu passais ces grosses portes en fer et ciao. Tu ne pouvais que ressortir au petit matin, épuisé, saturé d’alcool, et croisant les éboueurs et quelques filles qui travaillent encore.

Un vortex dans lequel le bar tournait autour de toi. Et tout était permis. Tout pouvait déraper tout le temps, mais seulement du côté où on avait décidé que ça dérape. La Folie. La Fièvre.

Des fois, ça dansait sur les tables jusqu’à les casser, des fois on s’en prenait aux murs et on les recouvrait. D’autres fois, on ne faisait que danser par terre.

Et ça tournait dans le vortex. ça tournait à nous saouler, jusqu’à se dire qu’on a une merveilleuse jeunesse.

Qu’est-ce qu’on va faire de nos vies, ensuite ? On verra. On verra.

07/04/2010

Posted in Alcool.