10 Mai 2005, les grues ont envahi la ville. Ils commencent à la raser sans nous évacuer. Vont-ils finir par nous enfermer dans cette ville qui disparaît sous nos pieds ?
10 Mai 2005, les décombres et les futurs vestiges portent leurs oriflammes, les étendards moyennageux s’effilochent et nous contraignent à l’ombre.
10 Mai 2005, les gens ont le regard fuyant, et les prisons sont toujours debout, fières et droites sur leurs principes. On enferme toujours et les prétextes fleurissent.
10 Mai 2005, la police frappe, la police tue, l’armée fusille en centre urbain. On efface tout symbole sexuel. Jeunes hommes en fleur assexués, jeunes filles idem. Si t’es pédé, iras-tu jusqu’au rite qui te fait t’immoler ?
10 Mai 2005, il n’y a plus de sujet, il n’y a plus rien à dire, la crème de la crème oublie le Beaujolais village planétaire pour regarder dans les étoiles, les machines qui nous promettent la lune, mais ils l’ont déjà vendue
10 Mai 2005, ils construisent une centrale nucléaire juste en face de chez moi, faudra-t-il que j’aille pédaler pour éclairer leurs lanternes, le soir ?
10 mai 2005, les états généraux des abattoirs sont ouverts ! On ne fait plus de spécisme. 10 mai 2005, une bite dans l’cul et c’est tout ce que je mérite, je suis une fille !
10 mai 2005, Lagardère nous offre la culture baïonnette sur un plateau de Craonne ! Les gens se comptent les mots et les poux, le MJS reprendra bien un verre de communard, la vieillesse est sur l’autel des belles choses à voir mourir.
10 mai 2005.